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EPUISEMENT EMOTIONNEL, BESOIN DE PAIX

Dernière mise à jour : 25 juin

La mort de certains êtres chers peut déclencher en nous des torrents d’émotions. Durant des mois voire des années, nous sommes ballottés de remous en remous violents et multiples … L’épuisement total nous guette. Le mode survie se met en route. Dans cet état, guidés par notre Soi, le retour à l'essentiel s'impose.


Le décalage ressenti entre soi, la cadence quasi frénétique de la société ou le rythme de vie de l’entourage s’amplifie au point de provoquer d’effrayantes sensations de vertige chez beaucoup d’endeuillés. Silencieusement, des rêves murmurés par notre voix intérieure se dessinent alors.



Retraites miraculeuses , relations harmonieuses, réveils des sens qui reconnectent à la vie, havres de paix faits de joies discrètes et de tristesses plus douces, absences apprivoisées, présences ...

Entre rêve et réalité, le joli texte présenté ce mois-ci révèle certains besoins essentiels éprouvés par nombreux endeuillés.



Collage Natyossu, Absence/Présence n°5




Un lieu de vie rêvé

Une nouvelle planète


Il existe un endroit où tous les habitants ont payé le prix fort dans cette vie. Ils ont vécu des drames, des maladies, des pertes tragiques. Ici, tout le monde a eu besoin de se retirer du monde. Une atmosphère de tranquillité règne pourtant dans cet endroit. Chez ces habitants, je sens une pointe de nostalgie douce mais jamais pesante. C’est un lieu de vie peuplé d’invisibles . Beaucoup de silence, de belles et bonnes choses. Ici, le rythme des journées est très lent. Sans les juger trop hâtivement, il faut prendre le temps de se mettre au diapason avec eux. Alors seulement, on pourra peut-être sentir leur joie de vivre. Elle est encore bien là , et malgré tout. Alors seulement, on pourra sentir la force tranquille qui les anime. Leur cœur brisé n’a plus besoin de hurler sa douleur. D’une douceur extrême, leurs sourires me réconfortent. Les habitants d’ici sont friands de bons petits plats, de bon vin et de jolis bouquets de fleurs sur la table. Je peux rester des heures avec eux pour apprécier le vent dans les arbres et les couchers du soleil sur l’océan. J’y retrouve aussi le plaisir de cuisiner, manger, jardiner, respirer. Ici, je prends conscience de ma joie intérieure et de ma libido encore présentes malgré tout. Sans dire un mot, j’ai envie de me laisser bercer par ces gens aux visages lumineux et apaisants. Ici, chaque matin, je retrouve le plaisir de cueillir les champignons, les fraises ou les jonquilles du jardin.


La planète des braves aux cœurs brisés est un repos du guerrier. Cependant, pour certains visiteurs, l’arrivée en ce lieu est un choc, la rencontre est vécue comme une sorte de dépressurisation presque effrayante. Totalement déboussolés et sans repères, ces visiteurs vivent ce moment de manière très désagréable. Trop de contraste avec l’agitation de leur propre planète. Ils sont complètement sonnés, voire paniqués, ou pour le moins stressés.


Cette planète qui, de l’extérieur, peut sembler si déstabilisante est maintenant la mienne.


Ne pas troubler la paix de ce lieu. Elle est devenue vitale.


La force intérieure des habitants est le fruit de souffrances surmontées, le fruit de victoires éprouvées sur les cruelles choses de la vie. Dans cet endroit, remarquer comment et malgré tout la joie simple est encore possible. Y découvrir comment, tel un miracle après une traversée de l’enfer, la vie peut prendre de nouvelles saveurs jusqu’alors insoupçonnées.


Loin du brouhaha du monde, je me retire souvent dans cet endroit rêvé. Régulièrement, j’essaie d’y revenir afin de sentir le goût merveilleux de la lenteur et de la simplicité. Ici, je ne suis plus bousculée, malmenée ou décalée. Espace hors du temps, sourires gracieux, petit lac intérieur tranquille. Ici, je ne suis plus en surrégime. Ici, enfin, je ne me sens plus seule.


J’ai la chance de pouvoir partager parfois cette planète avec l’homme de ma vie.


Être assez sage pour ne pas perdre le fruit de tant de douleurs et tant de joies.

Krishnamurti


J’ai recopié cette citation puis je l’ai affichée dans la maison. Je la garde sous les yeux tous les jours. Elle est comme une signalétique et un rappel de la direction à prendre.


2022

Nathalie Géraux




Rejoindre un groupe de parole pour les parents ou les conjoints en deuil ou venir à une séance de l'atelier d'écriture du souvenir, à La Forêt Fouesnant : contacter le 06 30 80 32 95 ou par mail, leschosesdelavie@zohomail.eu




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